TRACE-RN par James King

Tendances en temps Réel des Aérosols : Caractérisation physico-chimique et spatiotemporelle de l’Exposition de la population à Rouyn-Noranda (TRACE-RN)

James King, Université de Montréal

js.king@umontreal.ca

Résumé

Ce projet vise à mieux comprendre comment les habitants de Rouyn-Noranda sont exposés aux particules présentes dans l’air, comme l’arsenic, le plomb et le cadmium, qui proviennent principalement des activités de la Fonderie Horne. Même si les émissions de la Fonderie Horne ont beaucoup diminué depuis cinquante ans, les concentrations d’arsenic dans l’air restent encore trop élevées — environ dix fois supérieures à la norme québécoise. Cette situation soulève des inquiétudes pour la santé, car ces particules peuvent s’accumuler dans l’organisme et causer, à long terme, des problèmes cardiovasculaires, pulmonaires ou rénaux, ainsi qu’un risque accru de cancer. Les particules fines et ultrafines transportant ces métaux et métalloïdes sont particulièrement préoccupantes, car elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et même passer dans le sang. Pourtant, les mesures actuellement disponibles à Rouyn-Noranda ne permettent pas de suivre les changements rapides de la qualité de l’air au cours de la journée, ni de comprendre comment ces particules se déplacent entre l’extérieur et l’intérieur des maisons. Ce projet veut donc offrir une image beaucoup plus détaillée et précise de la situation réelle vécue par les citoyens. Pour arriver, trois grandes phases sont prévues. La première consistera à installer environ quarante capteurs de particules à faible coût, jumelés entre l’intérieur et l’extérieur des maisons de citoyens et citoyennes. Ces capteurs, conçus pour enregistrer des données toutes les quelques secondes, mesureront la concentration de particules fines, la température, l’humidité et la pression. Les capteurs extérieurs disposeront aussi d’instruments pour suivre le vent et le dioxyde de soufre, ce qui aidera à relier les variations observées aux émissions industrielles. La deuxième phase portera sur la composition chimique des particules. Grâce à des technologies de pointe, comme la spectrométrie de masse à plasma à couplage inductif en mode particules unique avec un filtre de masse à temps de vol, la taille et la nature chimique de milliers de particules collectées dans l’air seront analysées. Elles permettront de savoir jusqu’à quel point les particules de l’extérieur pénètrent à l’intérieur des habitations et d’identifier les moments où les concentrations dépassent les seuils sécuritaires. La troisième phase mettra l’accent sur la participation citoyenne. Les citoyens et citoyennes seront invités à participer à des sondages et à des ateliers publics pour en apprendre davantage sur les capteurs, les résultats et la façon d’interpréter les données. Une plateforme numérique sécurisée permettra à chaque participant et participante de consulter ses propres données d’exposition. Les commentaires recueillis serviront à concevoir une application offrant, en temps réel, un indice de risque d’exposition simple et utile pour le grand public. En somme, ce projet combine la science, la technologie et la participation citoyenne pour mieux comprendre les risques liés à la pollution métallique et aider la population de Rouyn-Noranda à protéger sa santé et améliorer son environnement. Les connaissances, les outils et les données générés seront partagés avec la communauté, afin de soutenir la prise de décision locale, d’encourager des changements de comportements durables et de renforcer la confiance entre citoyen·nes, chercheur·se·s et autorités publiques.​

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