Violence environnementale à Rouyn-Noranda

« La violence environnementale à Rouyn-Noranda : entre violence latente et violence actualisée »

Par Laurie Gagnon-Bouchard de l'Université d’Ottawa

Résumé

Catherine Larrère écrivait que « les inégalités environnementales semblent renvoyer à une phénoménologie du monde vécu, plus riche en descriptions subjectives qu’en données autorisant les calculs et les comparaisons. » (Larrère, 2015, p.14) À sa suite, cette communication propose de déplacer l’attention portée aux seuils réglementaires acceptables et à la possible fermeture de la Fonderie Horne vers la texture du monde vécue des personnes exposées à l’injustice environnementale liée à l’arsenic dans la ville de Rouyn-Noranda. Dans le cadre de cette communication, je propose de présenter le récit phénoménologique de l’injustice environnementale à Rouyn-Noranda construit à partir des données recueillies dans le cadre de ma thèse doctorale. À partir de ce matériau empirique, l’analyse phénoménologique met en lumière des dimensions fondamentales de l’expérience vécue qui traversent les différents témoignages : le choc face au dévoilement de l’imprégnation, l’ambivalence face au territoire, le passage de l’ignorance à une surexpertise, le sentiment de trahison et d’abandon par les autorités gouvernementales, l’absence de choix réel, l’expérience du mépris et de l’intimidation, la perte de la naïveté, la présence constante d’un doute, la vigilance ordinaire dans un quotidien altéré, l’omniprésence de la fonderie et le caractère diffus de la menace. En m’appuyant sur ces dimensions phénoménales de l’expérience de l’injustice environnementale à Rouyn-Noranda, je proposerai ensuite des pistes préliminaires pour penser et poser les contours de la violence environnementale.

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