Remuer la poussière
Remuer la poussière : une exposition donne la parole aux résidentes et résidents de Rouyn-Noranda
Rouyn-Noranda, le 26 octobre 2026 – Jusqu’au 12 novembre 2026, le café Ô Terrier accueille une exposition itinérante inspirée du vécu de résidentes et résidents de Rouyn-Noranda touchés par la pollution industrielle de la fonderie Horne. Née de la rencontre entre la recherche et l’art, elle invite le public à réfléchir à sa propre relation avec la fonderie. Une discussion publique gratuite avec la chercheuse Évelyne Corriveau et l’artiste Frédérique Lecours clôturera l’exposition le 12 novembre en soirée. L’exposition sera ensuite déplacée dans diverses régions du Québec pour poursuivre la discussion à l’extérieur de l’Abitibi et afin de créer des ponts avec d’autres communautés vivant des enjeux similaires.
Une exposition ancrée dans la recherche
L’exposition s’appuie sur le mémoire de maîtrise d’Évelyne Corriveau, qui portait sur la victimisation environnementale et le vécu de 15 citoyen·nes de Rouyn-Noranda rencontré·e·s pendant l’été 2023. Entre 2018 et 2020, deux études de la santé publique avaient mesuré dans les ongles d’enfants puis d’adultes de la ville des concentrations d’arsenic, de plomb et de cadmium bien supérieures aux seuils recommandés. Malgré une forte mobilisation citoyenne, le plan de réduction des émissions adopté par Québec en mars 2023 ne soumet pas la fonderie à la norme québécoise, et la démolition du quartier voisin, avec la relocalisation de 80 ménages, est en cours.
Ce que révèle l’étude
• Un sentiment de négligence et d’indifférence de la part de l’État ;
• La présence de nombreux types de torts et souffrances vécues aux plans émotionnel, relationnel, social, financier, identitaire, d’où la comparaison du vécu à d’autres types de violence structurelle, dont la violence conjugale ;
• Le vide conceptuel entourant la « victime environnementale industrielle ». En d’autres mots, il n’existe pas de terme précis pour décrire le vécu des personnes affectées ;
• Et conséquemment, une inaccessibilité et un manque de ressources pour ces personnes vivant des souffrances
Un regard d’artiste sur son propre territoire
Originaire de Rouyn-Noranda, Frédérique Lecours a transposé ces témoignages en oeuvres visuelles. L’exposition ouvre un espace de dialogue où les perceptions et les expériences de chacun peuvent se rencontrer, à l’oral comme à l’écrit.
« [Plusieurs personnes rencontrées dans le cadre de mes entretiens ont nommé la crainte que ce qui se passe à Rouyn-Noranda sombre à nouveau dans l’oubli avec le temps. C’est ce qui m’a motivé à postuler pour la bourse Laure Waridel. J’essaie en toute humilité de faire ma part.] » – Évelyne Corriveau, étudiante au doctorat en criminologie à l’Université Laval
« [« Ce qui m'a véritablement fait plonger dans ce projet, c'est de réaliser à quel point je ressemblais aux quinze personnes qui témoignaient. Je pensais simplement lire leurs histoires, mais j'étais aussi en train d'y découvrir la mienne. Pour la première fois, je prenais conscience que j'étais, moi aussi, une victime de la violence de la Fonderie. » – Frédérique Lecours, artiste
Informations pratiques
• Exposition : du 13 octobre au 12 novembre 2026
• Discussion publique : le jeudi 12 novembre 2026, de 19 h à 21 h
• Lieu : Café Ô Terrier, 32, rue Perreault Est, Rouyn-Noranda
• Entrée : gratuite
Biographies
Évelyne Corriveau est doctorante en criminologie à l’Université Laval à Québec et récipiendaire de la bourse Laure Waridel. Cette exposition s’appuie sur son mémoire de maîtrise, qui portait sur la victimisation environnementale et le vécu de 15 citoyen·nes de Rouyn-Noranda.
Frédérique Lecours est une artiste visuelle originaire de Rouyn-Noranda. Elle s’est engagée dans ce projet avec le désir d’explorer une réalité profondément ancrée dans son environnement. Cette expérience l’a amenée à porter un regard nouveau sur ses origines, son territoire et son propre rapport à la fonderie. À travers ses oeuvres, elle invite le public à réfléchir à sa propre relation avec la fonderie, tout en ouvrant un espace de dialogue où les perceptions et les expériences de chacun peuvent se rencontrer, à l’oral comme à l’écrit.
Remerciements
Ce projet a été réalisé grâce au soutien de la Bourse Laure Waridel (Caisse d'économie solidaire Desjardins et Équiterre), du programme Forces du changement du Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises et du Centre de recherches appliquées et interdisciplinaires sur les violences intimes, familiales et structurelles.
Communiqué de presse du Centre de recherches appliquées et interdisciplinaires sur les violences intimes, familiales et structurelles