Mumbanza F. et coll. (2026). Émissions industrielles et risques de naissance prématurée et de faible poids pour l’âge gestationnel
Un nouvel article scientifique a été publié en juillet 2026 par Félicitée Mumbanza, du Département de santé environnementale et santé au travail de l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM) et du Centre de recherche en santé publique (CReSP) de l’Université de Montréal et du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. L’étude a été réalisée en collaboration avec Anne-Sophie Mariet, du CReSP ainsi que de l’Université Bourgogne Europe et du CHU Dijon Bourgogne en France ; Nathalie Auger, de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM) ; Audrey Smargiassi, de l’ESPUM, du CReSP et de l’INSPQ ; Naizhuo Zhao, du Centre for Outcomes Research and Evaluation de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill ; Gabriel Côté-Corriveau, du Département de pédiatrie du CHU Sainte-Justine et de l’Université de Montréal ; ainsi que Stéphane Buteau, de l’ESPUM, du CReSP et de l’INSPQ.
Contexte : La pollution atmosphérique ambiante a été associée à des issues défavorables de la grossesse, mais le rôle des émissions industrielles reste peu étudié. Nous avons examiné le lien entre l’exposition maternelle aux polluants atmosphériques industriels pendant la grossesse et le risque de naissance prématurée (NP) et de faible poids pour l’âge gestationnel (FPG).
Méthodes : Nous avons mené une étude de cohorte rétrospective portant sur 1 199 516 naissances vivantes d’un seul enfant au Québec (Canada) entre 2002 et 2016. L’exposition aux PM2,5, au NO₂ et au SO₂ émis par les industries situées dans un rayon de 7,5 km du domicile de la mère a été estimée à l’aide d’un indicateur combinant la proximité résidentielle, les émissions et les données sur le vent. Des modèles de régression logistique ont été utilisés pour estimer les rapports de cotes (RC) et les intervalles de confiance (IC) à 95 % pour la prématurité et l’insuffisance pondérale à la naissance, en comparant les personnes exposées aux personnes non exposées. Nous avons évalué les effets modificateurs des comorbidités maternelles à l’aide d’analyses de sous-groupes.
Résultats : La cohorte comprenait 71 699 cas de naissances prématurées et 105 894 cas de faible poids à la naissance. Par rapport aux participantes non exposées, l’exposition aux polluants atmosphériques industriels pendant la grossesse augmentait le risque de naissances extrêmement et très prématurées ainsi que de faible poids à la naissance. Pour les naissances prématurées extrêmes, les rapports de cotes ajustés (IC à 95 %) comparant les femmes exposées aux femmes non exposées étaient de 1,08 (1,00; 1,17) pour les PM2,5, de 1,11 (1,03; 1,19) pour le NO₂ et de 1,05 (0,98; 1,12) pour le SO₂. Pour les SGA, les valeurs correspondantes étaient de 1,03 (1,02; 1,05) pour les PM2,5, de 1,03 (1,02; 1,04) pour le NO₂ et de 1,05 (1,04; 1,06) pour le SO₂. L’exposition au NO₂ était associée à un risque plus élevé de PTB extrême et très précoce chez les mères atteintes de prééclampsie (OR : 1,26; IC à 95 % : 1,12, 1,42) par rapport à celles ne souffrant pas de prééclampsie (OR : 1,07; IC à 95 % : 1,01, 1,12).
Conclusion : L’exposition aux émissions atmosphériques industrielles pendant la grossesse pourrait augmenter le risque de naissances prématurées extrêmes et très précoces ainsi que de naissances de bébés petits pour l’âge gestationnel, en particulier chez les femmes atteintes de prééclampsie.
Référence complète :
Mumbanza, Félicitée, Anne-Sophie Mariet, Nathalie Auger, Audrey Smargiassi, Naizhuo Zhao, Gabriel Côté-Corriveau et Stéphane Buteau. 2026. « Industrial emissions and risks of preterm and small-for-gestational-age birth: A population-based cohort study in Quebec, Canada ». Environmental Epidemiology, 10(4), e508. https://doi.org/10.1097/EE9.0000000000000508